C’est la crise sanitaire la plus grave en Afrique depuis des années. Ce vendredi 29 mai 2026, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, se rend à Bunia, capitale de la province de l’Ituri — l’épicentre de l’épidémie d’Ebola qui ravage l’est de la RDC. Le bilan vient de franchir un nouveau seuil alarmant.

Un bilan qui s’aggrave d’heure en heure

Il doit se rendre vendredi en Ituri, province du nord-est congolais et épicentre de l’épidémie, qui a déjà tué 246 personnes sur plus de 1 000 cas suspects enregistrés, selon des bilans officiels encore probablement sous-estimés. Yahoo!

246 morts. Plus de 1 000 cas suspects. Et ces chiffres officiels sont « probablement sous-estimés » selon les experts de l’OMS eux-mêmes. Dans une zone de conflit où l’accès est limité et où la méfiance envers les autorités sanitaires est forte, des dizaines de cas passent probablement inaperçus.

Tedros arrive — un geste fort

« Je suis en route pour la RDC. Le virus Ebola est de retour. La province d’Ituri est la plus touchée. Je serai sur le terrain aux côtés des équipes de l’OMS, de nos partenaires et des extraordinaires professionnels de santé congolais qui n’ont jamais cessé de se battre », a déclaré le chef de l’OMS sur X. Euronews

« Mes frères et sœurs de l’Ituri, je veux que vous sachiez que le monde observe votre courage. Vous n’êtes pas seuls. Je sais que beaucoup d’entre vous sont épuisés. Vous portez déjà tellement : le paludisme, la faim, l’insécurité, et la lutte quotidienne pour assurer la sécurité de vos familles. Et maintenant Ebola. Ce n’est pas juste, et je ne prétendrai pas le contraire. » Downmagaz

Ces mots, publiés dans une lettre ouverte aux Congolais, ont ému le monde entier. Le patron de l’OMS ne parle pas en bureaucrate — il parle en être humain face à d’autres êtres humains qui souffrent.

La situation est « extrêmement grave »

La détection tardive des premiers cas, l’insécurité dans les régions touchées, la méfiance d’une partie de la population et l’absence de vaccin compliquent considérablement la gestion de l’épidémie. « Le retard dans la détection de l’épidémie signifie que nous sommes désormais en train de tenter de rattraper une épidémie qui progresse très rapidement. » nna-leb

En RDC, peu de tests en laboratoire ont été menés à ce stade, le foyer de l’épidémie — dans la province de l’Ituri — se trouvant dans une zone reculée, difficilement accessible et en proie à l’activité de groupes armés. Des dizaines de tonnes de matériel ont été envoyées et des équipes de l’OMS, déployées, mais la riposte sanitaire tarde à s’organiser en Ituri. Sa population est estimée à plus de 8 millions d’habitants, parmi lesquels plus d’un million de déplacés sont entassés dans des camps. nna-leb

Un vaccin d’ici fin 2026 ?

Une lueur d’espoir ce matin. « D’ici la fin de l’année 2026, l’Africa CDC s’assurera que nous disposons d’un vaccin et d’un médicament contre Bundibugyo », s’est engagé Jean Kaseya, le chef de l’agence sanitaire de l’Union africaine, lors d’un briefing en ligne jeudi. L’OMS a annoncé que ses groupes consultatifs avaient recommandé des essais cliniques pour plusieurs vaccins et traitements potentiellement efficaces contre la souche Bundibugyo. Yahoo!

Des essais cliniques en cours. Un vaccin promis d’ici fin 2026. L’Afrique ne compte plus seulement sur l’aide extérieure — elle développe ses propres solutions sanitaires.

L’OMS appelle à un cessez-le-feu en Ituri

La RDC, où sont touchées des provinces orientales difficilement accessibles par la route et en proie aux violences des groupes armés, a déclaré le 15 mai une épidémie d’Ebola causée par le virus Bundibugyo, contre lequel il n’existe aujourd’hui ni vaccin, ni traitement spécifique. Downmagaz

L’OMS appelle toutes les parties armées en Ituri à un cessez-le-feu humanitaire pour permettre aux équipes médicales d’atteindre les zones les plus touchées. Sans accès aux malades, il est impossible de briser les chaînes de transmission.

La 17e épidémie — mais la RDC a toujours gagné

Selon l’agence sanitaire mondiale de l’ONU, si la RDC a vaincu Ebola à 16 reprises, la 17e fois ne sera pas différente. Euronews

16 épidémies surmontées. La RDC connaît Ebola mieux que n’importe quel autre pays au monde. Ses équipes médicales sont formées, rodées, courageuses. Mais cette 17e fois est particulièrement difficile : une souche sans vaccin, une zone de guerre, une population épuisée.

By AfroBuzz

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