La guerre au Moyen-Orient vient de franchir un nouveau seuil. L’Iran ne menace plus seulement le pétrole mondial — il menace désormais Internet lui-même. Ce mardi 19 mai 2026, les médias liés aux Gardiens de la Révolution iranienne ont publié des déclarations sans équivoque : Téhéran veut contrôler, taxer et potentiellement couper les câbles sous-marins qui transportent 99% du trafic Internet mondial à travers le détroit d’Ormuz.
La menace qui fait trembler le monde numérique
Téhéran a l’intention d’exiger des opérateurs de câbles sous-marins qui passent par le détroit d’Ormuz de payer une sorte de droit de passage, d’après les médias iraniens. Potentiellement, une nouvelle manière d’exploiter son contrôle sur ce passage maritime critique dans la guerre au Moyen-Orient. afrobuzznews
Des médias iraniens liés à l’État ont évoqué un projet visant à faire payer aux opérateurs de câbles Internet sous-marins un droit de passage dans le détroit d’Ormuz, au nom de ce que les autorités présentent comme les eaux offshore relevant de l’Iran. MSN
En clair : l’Iran veut que Google, Meta, Amazon, Microsoft et tous les géants d’Internet paient pour que leurs données passent par le détroit. Et si ils ne paient pas ? Les câbles pourraient être « perturbés » — une manière polie de dire sabotés.
17 câbles sous-marins — la plomberie invisible d’Internet
Ces câbles transportaient chaque jour plus de 10 000 milliards de dollars de transactions financières américaines, dont des ordres liés au système SWIFT, des opérations boursières et des transferts d’argent. Maghreb Émergent
Les 17 câbles sous-marins d’Internet passant dans le détroit d’Ormuz pourraient être menacés, a prévenu Claude Moniquet, spécialiste terrorisme et renseignements. Euronews
10 000 milliards de dollars de transactions chaque jour. 17 câbles. Et tous passent par un couloir maritime que l’Iran contrôle en ce moment même.
Ce que peu de gens savent sur Internet
L’Iran menace de taxer les câbles Internet sous-marins présents dans le détroit d’Ormuz, voire de les saboter. Cela illustre l’importance stratégique de ces câbles, simplement posés sur les fonds marins, qui véhiculent 99% d’Internet. Congo Quotidien
99% d’Internet ne passe pas par des satellites. Il passe par des câbles en fibre optique posés sur les fonds des océans — comme des tuyaux sous l’eau. Ces câbles sont physiques, vulnérables, et leur destruction est relativement simple pour un État qui contrôle les eaux qu’ils traversent.
Une perturbation majeure des câbles dans le détroit d’Ormuz déclencherait une catastrophe numérique en cascade, avec le risque d’une fragmentation de la connectivité mondiale. Les systèmes bancaires, les communications militaires, les infrastructures de cloud et le trading à haute fréquence seraient directement touchés. YouTube
« Ormuz est notre arme nucléaire »
Une déclaration attribuée à un dirigeant iranien résume l’enjeu : « Ormuz est notre arme nucléaire ». Partagez
Cette phrase dit tout. L’Iran n’a peut-être pas la bombe atomique — du moins pas encore. Mais il a quelque chose d’équivalent en termes d’impact potentiel sur l’économie mondiale : le contrôle du détroit d’Ormuz. Pétrole, gaz, et maintenant Internet — tout passe par ce goulot d’étranglement que Téhéran tient dans sa main.
Ce que l’Iran veut concrètement
Téhéran envisage un régime d’autorisation, des droits de passage et la réservation des opérations de maintenance à des opérateurs nationaux, une approche présentée comme conforme au droit de la mer. Partagez
En pratique, c’est une nationalisation partielle d’une infrastructure mondiale — une taxe sur les données qui passerait directement dans les caisses de l’État iranien, en contournant les sanctions économiques américaines.
Les solutions de secours existent — mais sont limitées
Le scénario central reste une taxe utilisée comme levier de pression, sans rupture majeure de service. Des alternatives existent : dérivation des flux via des backbones africains, diversification d’atterrages au Pakistan et en Inde, et contractualisation accélérée de capacités satellites de secours, malgré des limites en débit et en latence. Partagez
Des « backbones africains » — des câbles qui passent par les côtes africaines. C’est précisément pourquoi le projet de câble sous-marin 2Africa, qui contourne le Moyen-Orient en longeant la côte africaine, est devenu soudainement stratégique. L’Afrique pourrait devenir la route alternative d’Internet mondial.
Ce que ça signifie pour l’Afrique
L’impact serait particulièrement sévère pour les pays du Golfe mais aussi pour l’Inde, dont l’énorme industrie de l’externalisation pourrait perdre des milliards. L’Europe et l’Asie verraient leurs transactions financières ralenties. YouTube
Pour l’Afrique, cette menace est à double tranchant. D’un côté, une coupure des câbles d’Ormuz affecterait la connectivité de certains pays africains — notamment en Afrique de l’Est. De l’autre, si les opérateurs mondiaux cherchent des routes alternatives, les câbles côtiers africains — notamment ceux qui longent l’Afrique de l’Ouest — deviendraient des infrastructures de valeur stratégique mondiale.
En 2024, des incidents similaires en mer Rouge avaient perturbé 25% du trafic Internet entre l’Europe et l’Asie. Ormuz, c’est potentiellement bien plus grave.