C’est le procès que les grands médias français couvrent trop discrètement, mais qui est pourtant le plus important de l’histoire judiciaire de la Ve République. Nicolas Sarkozy, ancien président de la France, comparaît en appel depuis le 16 mars 2026 pour avoir — selon l’accusation — vendu la France à un dictateur africain pour financer son accession au pouvoir. Et son plus fidèle allié vient de le poignarder dans le dos.
La trahison de Claude Guéant
Le procès en appel portant sur les soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy connaît un nouveau rebondissement. Après avoir envoyé une première lettre à la cour d’appel de Paris, Claude Guéant récidive, actant définitivement la rupture entre les deux hommes. YouTube
Claude Guéant, c’est l’homme qui fut le directeur de cabinet de Sarkozy à l’Élysée, son secrétaire général, son ministre de l’Intérieur. Pendant vingt ans, il était l’ombre portée du président, l’homme de confiance absolu. Et maintenant, depuis son lit de malade — absent du procès pour raisons de santé — il envoie des lettres à la cour d’appel pour contredire son ancien patron.
« Nicolas Sarkozy se trompe », affirme son ancien directeur de cabinet. Claude Guéant souhaitait revenir sur l’audience du 14 avril, durant laquelle plusieurs éléments erronés auraient, selon lui, été prononcés par Nicolas Sarkozy. YouTube
Ce dont Sarkozy est accusé
L’affaire remonte à 2007. Nicolas Sarkozy est accusé d’avoir noué avec Mouammar Kadhafi un « pacte de corruption », pour qu’il finance sa campagne victorieuse de 2007 en échange notamment de contreparties diplomatiques, comme la réhabilitation du dictateur libyen sur la scène internationale. Partagez
En clair : Sarkozy aurait reçu des millions d’euros de l’argent du pétrole libyen pour financer sa campagne présidentielle. En échange, il aurait servi les intérêts de Kadhafi — le faisant recevoir à l’Élysée avec les honneurs, cherchant à annuler un mandat d’arrêt contre un chef des services secrets libyens, et vendant des armes françaises à la Libye pour des centaines de millions d’euros.
La condamnation en première instance
Nicolas Sarkozy a été condamné par la 32ème chambre du tribunal de Paris à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs en vue de la préparation du délit de corruption. Partagez
Cinq ans de prison ferme. Un ancien président de la République condamné à aller en prison. C’est historique — et c’est pour cela qu’il fait appel. Le 10 novembre 2025, la Cour d’appel a fait droit à la demande de mise en liberté de Nicolas Sarkozy, qui est donc remis en liberté sous contrôle judiciaire après moins de trois semaines d’incarcération. Son procès en appel est traité du 16 mars au 3 juin 2026. Euronews
Sarkozy se défend avec véhémence
À la barre, l’ancien président joue sa liberté. « Aucun argent liquide n’a circulé » dans sa campagne, affirme-t-il catégoriquement. « Je n’ai jamais corrompu qui que ce soit. » Congo Quotidien
Aux yeux de Nicolas Sarkozy, si des protagonistes de cette affaire ont affirmé que de l’argent libyen a transité pour alimenter sa campagne, c’est par désir de vengeance. « C’est la haine qui s’immisce », déclare-t-il. Congo Quotidien
Ce que ça signifie pour l’Afrique
Cette affaire a une dimension profondément africaine. Elle révèle comment un dictateur africain — Mouammar Kadhafi, qui dirigeait la Libye avec ses milliards de pétrodollars — aurait acheté l’élection d’un président français. Elle montre les liens troubles entre les élites politiques françaises et les régimes autoritaires africains.
Pour les pays africains francophones qui regardent la France comme modèle de démocratie, le spectacle d’un ancien président jugé pour corruption avec un dictateur africain est une leçon amère sur la réalité des relations franco-africaines.