Un Africain, un Sénégalais, à la tête de l’Organisation des Nations Unies. C’est le pari audacieux que tente de relever Macky Sall, l’ancien président du Sénégal, dans une course diplomatique qui tient toute la francophonie africaine en haleine.
L’audition historique du 22 avril
L’ancien chef de l’État sénégalais Macky Sall a présenté ce mercredi 22 avril 2026 sa vision et ses priorités lors d’une audition publique tenue au siège de l’ONU à New York. audible
Seul Africain parmi les quatre prétendants en lice, l’ancien chef d’État sénégalais se distingue également par un parcours extérieur au système onusien — une particularité qu’il revendique pleinement. Partagez
Face aux représentants de 193 pays membres, Macky Sall a défendu sa vision avec force. « Les crises auxquelles nous assistons ne sont pas cycliques, elles sont systémiques dans leur ampleur et dans leur sévérité » audible, a-t-il déclaré, promettant d’être « un secrétaire général impartial, qui parle à tous et qui écoute tous, ainsi qu’un bâtisseur de ponts entre les nations, les cultures et les civilisations. » audible
Ses concurrents
Quatre candidats sont en lice : Michelle Bachelet, ancienne Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et ancienne Présidente du Chili ; Rafael Grossi, actuel Directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique ; Rebeca Grynspan, actuelle Secrétaire générale de la CNUCED ; et Macky Sall, ancien Président du Sénégal. L’avenir.net
Une liste impressionnante. Michelle Bachelet est l’une des femmes politiques les plus respectées au monde. Rafael Grossi dirige l’agence nucléaire internationale. Rebeca Grynspan est une figure incontournable du commerce mondial. Et Macky Sall ? Il mise sur son expérience africaine et sa capacité à parler à toutes les parties.
La controverse : son propre pays ne le soutient pas
Mais la candidature de Macky Sall est entourée d’une controverse sans précédent. Le Sénégal n’a pas parrainé son ancien président. Les actuelles autorités sénégalaises, le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko, accusent les anciens dirigeants, à commencer par Macky Sall, d’agissements coupables dans la gestion du pays. Elles lui reprochent notamment d’avoir réprimé dans le sang les violentes manifestations politiques ayant fait des dizaines de morts entre 2021 et 2024. tvwish
L’Union africaine a refusé de soutenir sa candidature, 20 États membres de l’UA s’étant opposés à son dossier. tvwish
Se présenter au poste le plus prestigieux de la diplomatie mondiale sans le soutien de son propre pays ni de son continent — c’est une situation diplomatique inédite.
Macky Sall ne lâche pas
Malgré ces obstacles, l’ancien président sénégalais ne renonce pas. « Pour être candidat, il suffit d’être parrainé par un État membre. Idéalement, ce soutien provient de votre propre pays, mais son absence ne saurait constituer un obstacle. Je ne suis pas superstitieux » Partagez, a-t-il déclaré avec aplomb.
Malgré l’absence de soutien officiel du Sénégal et de l’Union africaine, plusieurs éléments plaident en faveur de sa crédibilité : son expérience diplomatique de 40 ans, sa présidence de l’Union africaine, et le soutien dont il bénéficierait de la part de 40 États africains sur 54. Wikipedia
Le calendrier de la décision
La nomination officielle du nouveau Secrétaire général devrait intervenir à l’automne 2026 pour une prise de fonction à partir du 1er janvier 2027. tvtick D’ici là, le Conseil de sécurité — dont les cinq membres permanents ont chacun un droit de veto — va examiner les candidatures à huis clos en juillet.
C’est là que tout se jouera. Les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni auront chacun le pouvoir de bloquer une candidature. Dans ce contexte géopolitique explosif — guerre en Iran, tensions OTAN-Russie, fracture USA-Europe — choisir un Secrétaire général va être un exercice diplomatique extraordinairement complexe.
Ce que ça signifie pour l’Afrique
L’Afrique aspire à une meilleure visibilité dans les instances internationales. Dans ce cadre, Macky Sall apparaît comme un profil crédible, expérimenté et capable de porter les aspirations du continent tout en s’inscrivant dans une vision globale. Wikipedia
Un Africain à la tête de l’ONU — après Boutros Boutros-Ghali et Kofi Annan — serait un signal fort envoyé à 1,4 milliard d’Africains. Mais la route est semée d’embûches. Et le paradoxe d’un candidat africain que son propre pays et son propre continent ne soutiennent pas officiellement risque de peser lourd dans les couloirs feutrés de New York.