Le Sénégal vient de vivre l’une de ses journées parlementaires les plus controversées depuis des années. Ce mardi 28 avril 2026, l’Assemblée nationale a adopté une réforme du Code électoral qui pourrait changer le visage de la politique sénégalaise pour les prochaines décennies — et le nom d’Ousmane Sonko est au cœur de tout.

128 voix pour, 11 contre — une adoption écrasante

Les députés ont entériné, mardi, en séance plénière, la proposition de loi n°11/2026 portant modification de la loi relative au Code électoral. Sur les 165 députés, 128 ont voté pour, dont 21 par procuration, 11 ont voté contre et deux se sont abstenus. blogspot

Un vote sans surprise pour quiconque connaît la dynamique politique sénégalaise actuelle : PASTEF domine l’Assemblée nationale avec une majorité écrasante, et quand le parti décide, les textes passent.

Qu’est-ce qui change concrètement ?

Au cœur de cette réforme, deux articles du Code électoral sénégalais — L.29 et L.30 — qui définissaient les conditions d’inéligibilité.

Le texte a « pour objet de réaménager et clarifier les cas de déchéance civique, de limiter et d’harmoniser leur durée, désormais fixée à cinq ans à compter de l’expiration de la peine prononcée », tout en rendant rétroactive cette réforme du code électoral. defense

Le mot clé : rétroactive. La loi s’applique aux condamnations passées — y compris celle qui avait rendu Ousmane Sonko inéligible.

L’histoire de la condamnation de Sonko

Le Premier ministre avait été empêché de se présenter à la présidentielle initialement prévue en février 2024 après avoir fait l’objet d’une condamnation pour diffamation publique qui l’avait rendu inéligible en vertu des dispositions du code électoral. Il avait dès lors désigné le numéro deux de Pastef, l’actuel président Bassirou Diomaye Faye, comme candidat officiel du parti. Downmagaz

C’est ainsi que Diomaye Faye est devenu président — non pas comme candidat initial, mais comme représentant de Sonko. Avec cette réforme, Sonko pourrait désormais se présenter lui-même en 2029.

« Loi personnelle » vs « correction d’injustice »

L’opposition ne mâche pas ses mots. La députée Aïssata Tall Sall a qualifié la loi de « personnelle » au profit d’Ousmane Sonko et de « dangereuse pour la République parce qu’elle rétroagit pour effacer des peines. » Downmagaz

Du côté de PASTEF, la réponse est tout aussi ferme. Le parti au pouvoir défend cette réforme comme une correction nécessaire de ce qu’il considère comme des injustices héritées de l’ère Macky Sall. Selon ses responsables, les règles actuelles entraînent des exclusions disproportionnées et ne correspondent pas aux standards démocratiques. defense

L’opposition estime qu’il s’agit d’une loi conçue sur mesure pour répondre à une situation individuelle, en l’occurrence celle d’Ousmane Sonko. defense

Le précédent Macky Sall

Il y a une ironie profonde dans cette histoire. Ces deux articles du Code électoral sont devenus un fardeau, car des régimes, particulièrement celui de Macky Sall, les ont utilisés pour exclure des opposants, parfois pour des délits mineurs. defense

Macky Sall avait utilisé ces articles pour affaiblir Sonko. Sonko utilise maintenant sa majorité pour les supprimer. La roue tourne — mais le débat sur l’état de droit sénégalais reste entier.

La présidentielle 2029 se joue maintenant

Au-delà des aspects juridiques, cette réforme s’inscrit clairement dans une perspective politique liée à l’élection présidentielle de 2029. Ousmane Sonko avait d’ailleurs déclaré en 2025 que rien ni personne ne pourrait l’empêcher d’être candidat à cette échéance. defense

La promesse est tenue. La voie légale est désormais ouverte. Sonko peut se présenter en 2029 — sauf décision contraire du Conseil constitutionnel ou intervention du président Diomaye, qui doit encore promulguer la loi.

By AfroBuzz

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